1982

L'année du Motobécane 51 Le Mans

 

En effet Motobécane suite à sa première victoire en 1981, a décidé de commercialiser une série limitée dénommée 51 Le Mans (51 coursifiée de série), vendue à très peu d'unités, qui allait être l'ancêtre du 51 CF auxquelles les concessionnaires allaient monter les premiers kits moteurs compétition commercialisés par Motobécane sur la base du moteur AV10. Résultat 7 machines de la marque dans les 11 premiers à l'arrivée.

 

Les trois 51 le mans officielles le jour de leur livraison devant l'usine Motobécane
Les trois 51 le mans officielles le jour de leur livraison devant l'usine Motobécane
Départ de l'édition 1982
Départ de l'édition 1982

En 1982 Motobécane arrive donc aux essais avec ses 3 machines confiées à 3 de ses concessionnaires, et en y détachant un de leur mécanicien M. Pudepièce (ça ne s'invente pas).. Sur la blanche (n°40) nous retrouvons Thierry Chéron et Louis Garnier avec l'écurie Blanchard (située dans la Sarthe). La rouge sera confiée à un concessionnaire Dijonnais et la bleue à l'équipage venant du Nord, Eddy Février et Patrick Stenbacker (concession d'Eddy à Villeneuve d'Ascq).

CHERON-GARNIER animent… mais victoire et record à la distance pour GUILMET-ROTTIE

Samedi sur le coup de 15 heures, il ne flottait pas à proprement parler une odeur de record dans l’air… because, le temps exécrable qui avait sévi durant les essais menaçait à tout moment de déverser ses gros nuages pleins d’eau.

Et pourtant il ne fallut pas attendre plus d’une demi-heure pour la piste de karting de Maison Blanche se transformer sous le déluge en véritable savonnette. Par suite les conditions atmosphériques redevenant normales, les soixante pilotes de cette neuvième édition des 24 heures du Mans cyclos purent donner libre cours à leur tempérament offensif démontrant par la même un remarquable degré de préparation des engins (seulement six abandons).

 

A partir de ces données et l’excellent comportement physique des compétiteurs, le record absolu de la distance fut immédiatement battu : 1394,4 km (contre 1321,2 en 1981).

Chapeau messieurs Guilmet et Rottie les pilotes de la Motobécane engagée par le concessionnaire Manceau Métayer.

 

Mais dans ces louanges nous nous garderons bien d’oublier les principaux animateurs de épreuve d’endurance, les Sarthois Chéron et Garnier qui occupèrent pendant 18 heures  excusez du peu la tête de la compétition, obligeant de ce fait leurs rivaux directs à un forcing effréné, ne s’avouant battus qu’à une heure trente de l’arrivée sur une bougie cassée.

 

BRIOTTET-PELLETIER OUT

Il est bien connu qu’une course d’endurance se gagne ou se perd avant tout par la fiabilité de la machine et de la régularité du tableau de marche. Nous en eûmes deux exemplaires concrets lors des soixante premières minutes de l’épreuve marquée par une pluie torrentielle… A peine le baisser du drapeau était-il donné que Christian Ménager , le vainqueur de la précédente édition sur la Motobécane du Team Métayer  s’élançait à toute vapeur… pour un tour jusqu’à l’entame du second. Il s’étala de tout son long dans le pif-paf prolongeant la ligne droite des stands. Petite cause grands effets … un levier de cassé et surtout un poignet foulé qui allait l’handicaper très sérieusement tout le reste du temps.

Profitant de l’aubaine, Briottet-Pelletier sur leur Peugeot imprimèrent alors un rythme terrible durant 50 minutes avant que les clapets d’admission ne les contraignent à un arrêt prolongé au stand les plongeant alors dans les profondeurs du classement 22ème après deux heures de courses.

 

Deux des favoris au tapis, la situation commençait clairement à s’éclaircir aux bénéfices de la Motobécane n°41 de Fourel-Magne. Cependant l’opposition Chéron-Garnier (n°40), Guilmet-Rottie (n°48) et Estève-Fournier sur leur Honda Camino (n°60) ne désarment pas, et lorsque la numéro 41 commence à subir des problèmess de variateur, nos tandems précédemment cités s’engagent dans un fameux chassé-croisé qui allait tourner finalement à l’avantage à la septième heure des premiers nommés.

Derrière ce trio de chock, qui imprime une cadence infernale (1mn07 – 1mn09) au tour et malgré un bon retour de la seconde Motobécane du team Métayer, l’équipage Ménager-Braud), la cassure était irréversible.

Dimanche midi Guilmet-Rottie (la n°48) reprennent un tour au leader chez Garnier le début de la fin pour ces derniers.

 

CHERON-GARNIER la malchance.

 

Constamment sous la menace de la Honda des gars de Valence, la Motobécane de l’écurie, Blanchard ne put jamais lever le pied, même lorsque ceux-ci claquèrent une bougie à la nuit, tombante. Car Guilmet-Rottie se tenaient toujours à une portée de fusil.

À titre anecdotique, notons au terme de la quatrième heure, nous avions déjà certes dans le désordre les six premiers de cette neuvième édition.

Dans le bas de classement Briottet et Pelletier, les anciens vainqueurs de l’édition 80, avaient entamé une course poursuite.

Mais il était certainement écrit quelque part que 1982, comme 1981 ne serait pas l’année de Peugeot puisqu’un bris de fourche et des problèmes de roulement contra les lauréats de la version 80 à l’abandon.

À l’aube, alors que le numéro 48 du concessionnaire de l’avenue Jean-Jaurès, suite à un changement de variateur semblait avoir perdu toute ses chances de figurer sur le plus haut du podium (sept tours de retard à la 19e heure). La machine de l’équipage, Cheron Garnier commence à donner de la bande. Cependant, malgré des ennuis d’allumage, la n°40 possédait encore cinq tours d’avance sur Guilmet-Rottie à moins de deux heures de l’arrivée.

La suite nous la connaissons donc doublés dans un premier temps par la n°48 Chéron-Garnier durent encore se faire coiffer sur le fil par la HONDA de Estève-Fournier, rageant.

 

Si en proto la victoire revient à un équipage et un concessionnaire Manceau,  dans la catégorie série, il fût de même, Hermange et Duhard sur leur Peugeot engagé par les cycles Lemée, rue des victimes de nazisme au Mans, l’emportérent relativement facilement.


Publicité MOTOBECANE de l'époque suite à sa victoire à l'épreuve de 1982 - (Merci Théo)
Publicité MOTOBECANE de l'époque suite à sa victoire à l'épreuve de 1982 - (Merci Théo)

L'équipage n°49 Bouvier-Estève au guidon d'un Honda Camino, machine qui terminera à la seconde place cette année après avoir déjà triomphé 3 fois au Mans  depuis la création de l'épreuve.

L'quipage victorieux Stéphane Guilmet/Daniel Rottie sur la Motobécane officielle du Team Métayer
L'quipage victorieux Stéphane Guilmet/Daniel Rottie sur la Motobécane officielle du Team Métayer
L'équipage second de ces 24h la n°40 pilotée par Louis Garnier et Thierry Chéron
L'équipage second de ces 24h la n°40 pilotée par Louis Garnier et Thierry Chéron
motobécane 51 le mans - Louis Garnier
Voici la machine restaurée superbement par un passionné en 2024 (Théo Mourray). La machine n'a pas vieillie.